CPI

Mali: confirmation de la charge relative à la destruction du patrimoine culturel

La Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale a renvoyé, le 24 mars 2016, Ahmad Al Faqi Al Mahdi devant la Chambre de première instance après avoir confirmé la charge de crime de guerre portée à son encontre. Il est accusé d'avoir intentionnellement dirigé des attaques contre des monuments historiques et des bâtiments consacrés à la religion à Tombouctou, au Mali, un crime réprimé par l'article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

La Chambre préliminaire a précisé dans sa décision que les bâtiments visés ne constituaient pas des objectifs militaires et «étaient considérés et protégés comme une part importante du patrimoine culturel de Tombouctou et du Mali» (Prosecutor v. Al Mahdi, par. 36, notre traduction). Les bâtiments, a poursuivi la Chambre, «ont été spécifiquement identifiés, choisis et ciblés par les auteurs comme l'objet de leur attaque, précisément à la lumière et à cause de leur caractère religieux et historique» (Prosecutor v. Al Mahdi, par. 42, notre traduction). La Chambre a constaté, sur la base de la preuve qui lui a été présentée au cours de l'audience préliminaire, que les bâtiments et les monuments visés ont été complètement détruits ou sévèrement endommagés (Prosecutor v. Al Mahdi, par. 38).

Al Mahdi est plus précisément soupçonné d'avoir commis individuellement ou conjointement avec une autre personne, d'avoir sollicité ou encouragé, d'avoir apporté son aide ou d'avoir contribué de toute autre manière [Statut, article 25 (3) a) b), c) et d)] à la destruction de neuf mausolées et d'une mosquée: le mausolée Sidi Mahamoud Ben Omar Mohamed Aquit, le mausolée Sheikh Mohamed Mahmoud Al Arawani, le mausolée Sheikh Sidi El Mokhtar Ben Sidi Mouhammad Al Kabir Al Kounti, le mausolée Alpha Moya, le mausolée Sheikh Sidi Ahmed Ben Amar Arragadi, le mausolée Sheikh Mouhamad El Mikki, le mausolée Sheikh Abdoul Kassim Attouaty, le mausolée Ahmed Fulane, le mausolée Bahaber Badadié, et la porte de la mosquée Sidi Yahia.

Sources