Le domicile d'une journaliste canadienne perquisitionné

«The right of journalists to do their jobs free of intimidation is non-negotiable. A free press does not serve at the pleasure of the government of the day», écrit l'Ottawa Citizen en éditorial au lendemain de deux perquisitions effectuées à l'appartement et au bureau de l'une de ses journalistes. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) s'est présentée simultanément, hier matin, au domicile de Juliet O'Neill et à son bureau afin de rechercher des preuves permettant d'identifier l'informateur qui lui a transmis un dossier confidentiel.

Mme O'Neill enquête sur l'affaire Maher Arar, ce ressortissant canadien arrêté à l'aéroport international John F. Kennedy de New York alors qu'il s'apprêtait à rentrer au Canada. Après son arrestation aux États-Unis, M. Arar a été déporté en Syrie où il aurait été torturé durant plusieurs mois avant d'être finalement relâché. Le mandat de perquisition de la GRC a été obtenu dans la foulée de la publication d'un texte de Mme O'Neill, qui cherche à comprendre le rôle joué par le gouvernement canadien dans cette affaire, à la une du Citizen, le 8 novembre, dans lequel elle décrit le contenu d'un dossier des services de renseignements canadiens concernant M. Arar.

«Images of police officers harassing journalists – storming into their homes, accusing them of betraying the state – are familiar in countries where human rights are unknown and freedom is cheap. But to see those same images played out in Canada, in the nation's capital no less, is something Canadians don't usually see. Nor should they», s'indigne la rédaction du quotidien canadien. Mme O'Neill pourrait être accusée d'avoir violé la Loi sur la protection de l'information [LRC (1985), c. O-5].

Source

  • Anonyme [éditorial], «We will not be chilled», Ottawa Citizen, 22 janvier 2004, p. A1.

Aller plus loin

  • Juliet O'Neill, «It felt like slow-motion robbery», Ottawa Citizen, 23 janvier 2004, p. A1.