France 2: après la bourde, les sanctions

Le directeur de l'information de France 2, Olivier Mazerolle, a démissionné de ses fonctions, tandis que le présentateur du journal télévisé de 20h, David Pujadas, a été suspendu pour une période de deux semaines. Il y a deux jours, les journalistes de la rédaction de la chaîne publique française ont largement voté une motion de défiance à l'endroit de M. Mazerolle et de l'équipe du 20 heures. Le 3 février dernier, France 2 avait annoncé par «erreur» en ouverture de son bulletin le retrait de la vie politique d'Alain Juppé.

Au même moment, M. Juppé confirmait sur une chaîne concurrente, TF1, son intention de conserver pour l'instant ses engagements politiques à la tête de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) et de la Mairie de Bordeaux malgré sa condamnation à une peine de 18 mois d'emprisonnement avec sursis et à dix ans d'inéligibilité par le tribunal correctionnel de Nanterre. «[L'erreur] doit nous conduire, dans un souci d'exigence et de rigueur, à revoir nos procédures dans nos journaux comme dans nos reportages», a affirmé le président-directeur général de France Télévisions, Marc Tessier, par voie de communiqué. M. Mazerolle conserve l'animation des émissions 100 minutes pour convaincre et Question ouverte, tandis que M. Pujadas sera remplacé, dès le 16 février, par Carole Gaessler durant sa suspension.

Aller plus loin

  • Gérard Dupuy, «Sans appel», Libération, 12 février 2004, p. 6.
  • Daniel Schneidermann, «L'obsession TF1, ou comment s'en débarrasser», Libération, 13 février 2004, p. 37.
  • Jean-Marie Charon, «La faute du CSA - Avec l'affaire France 2, le «gendarme» de l'audiovisuel a rétabli une instance de censure», Libération, 18 février 2004, p. 35.
  • Bruno Masure, «Lettre ouverte à David Pujadas – Arrêtez de singer la Une et essayez plutôt de parier sur l'intelligence des téléspectateurs», Libération, 18 février 2004, p. 36.