Guerre en Irak: le mea culpa du New York Times

Après avoir examiné des centaines d'articles écrits avant le déclenchement de la guerre en Irak et au tout début des opérations militaires, la direction du New York Times se livre à une critique sévère de son travail. S'ils se montrent généralement satisfaits de la couverture des événements, les dirigeants du quotidien new yorkais «have found a number of instances of coverage that was not as rigorous as it should have been».

Ils avouent que certaines informations publiées reposaient en partie sur des informateurs irakiens en exil qui avaient une forte inclinaison en faveur d'un changement de régime à Bagdad, des personnes dont la crédibilité est aujourd'hui remise en question: «Complicating matters for journalists, the accounts of these exiles were often eagerly confirmed by United States officials convinced of the need to intervene in Iraq. Administration officials now acknowledge that they sometimes fell for misinformation from these exile sources. So did many news organizations – in particular, this one.»

Certaines informations controversées ont tout de même été publiées parce que, reconnaît le Times, plusieurs chefs de pupitre ne souhaitaient pas remettre en question ces informations et recherchaient la primeur à tout prix. Ces articles étaient le plus souvent joués en première page ou occupaient une place importante dans le journal, alors que les corrections ou les textes qui apportaient un nouvel éclairage se retrouvaient dans les pages intérieures du journal. «We consider the story of Iraq's weapons, and of the pattern of misinformation, to be unfinished business. And we fully intend to continue aggressive reporting aimed at setting the record straight», conclue le texte. Le NYT consacre d'ailleurs une section de son site à cette controverse.

Source

  • Anonyme [The editors], «The Times and Iraq», The New York Times, 26 mai 2004, p. A10.

Aller plus loin

  • Chris Mooney, «The editorial pages and the case for war – Did our leading newspapers set too low a bar for a preemptive attack?», Columbia Journalism Review, mars/avril 2004.
  • Richard Goldstein, «Fessing up, How guilty is the Times? Depends on whether you blame the media for the war», The Village Voice, 1er juin 2004.
  • Paul Van Slambrouck, «Bias and the Monitor», The Christian Science Monitor, 4 juin 2004.