Un journaliste interpellé à son domicile

Vittorio de Filippis, directeur du développement de Libération, journaliste économique et ancien directeur de la publication de mai à décembre 2006, a été interpellé pour une affaire de diffamation. L'interpellation a eu lieu vendredi au domicile du journaliste, à la suite d'un mandat d'amener délivré par la juge Muriel Josié du Tribunal de grande instance de Paris. La magistrate serait saisie d'une plainte en diffamation de Xavier Niel, vice-président du conseil d'administration et directeur général délégué à la stratégie du groupe Iliad. La plainte viserait, selon Libération, un commentaire d'un internaute déposé sur le site du quotidien français.

«J'ai été réveillé vers 6h40 ce matin par des coups frappés sur la porte d'entrée de ma maison», a raconté M. de Filippis à Libération qui rapporte l'affaire. Il aurait alors été interpellé devant son fils de 14 ans par trois policiers. Il aurait ensuite été amené au commissariat du Raincy, en Seine-Saint-Denis, où il aurait été fouillé à nu à deux reprises. Le journaliste affirme que la juge Josié aurait soutenu devant lui qu'il avait été interpellé parce qu'il n'aurait pas comparu aux convocations qu'elle lui aurait adressées. L'avocat du journal, Me Jean-Paul Lévy affirme de son côté que «toutes nos coordonnées» étaient versées au dossier et qu'il était donc «simple pour [la juge] de nous joindre à n'importe quel moment».

Sources

  • Eliane Patriarca, «“En trente ans, je n'ai jamais vu ça”», Libération, 28 novembre 2008, [url].
  • Laurent Joffrin, «Lettre de cachet», Libération, 29 novembre 2008, p. 5.
  • Karl Laske et Eliane Patriarca, «Descente policière contre Libération», Libération, 29 novembre 2008, p. 5.