Les petites annonces d'un quotidien servent d'intermédiaire à la police

En France, le directeur de la rédaction de Libération, Antoine de Gaudemar, confirme dans un éditorial paru ce matin que les petites annonces de son journal ont «servi aux enquêteurs» dans l'affaire de la menace terroriste que ferait planer un groupe désigné sous le sigle AZF sur les chemins de fer français (lire l'actualité précédente). «Ils nous en avaient demandé l'autorisation, sans évidemment nous en préciser les raisons. Ils auraient pu nous utiliser dans notre dos, ils nous prévenaient, nous avons accepté le principe», justifie M. de Gaudemar. Le directeur de la rédaction affirme n'avoir pas été mis davantage dans la confidence alors que cinq messages paraissaient sur un «ton [qui] ne dépare pas avec celui qui fait le succès de cette section du journal».

Un «commissaire d'un grand service d'enquête de police» avait contacté, apprend-t-on dans un article connexe qui explicite la démarche des autorités françaises, le bureau des petites annonces de Libération le 17 février. Il avait alors demandé l'autorisation de passer une annonce de trois lignes «pour une affaire importante». La première missive codée est parue le 19 février: «Mon gros loup, ne prenons pas de risques inutiles, le plus tôt sera le mieux. Donne-moi tes instructions. Suzy.» Hier matin, une dernière annonce était publiée avant que le secret ne soit éventé.

Sources

  • Antoine de Gaudemar, «Inhabituel», Libération, 4 mars 2004, p. 3.
  • Armelle Thoraval, «“Suzy” écrit à son “gros loup” – Cinq messages à “AZF” ont été passés par la police dans Libération», Libération, 4 mars 2004, p. 3.