Picasso fiché

Pablo Ruiz y Picasso (1881-1973) a fait l'objet d'une surveillance policière au cours de la première moitié du XXe siècle. L'Express dévoile aujourd'hui l'existence d'un dossier constitué par la police française dès le premier séjour à Paris, en 1901, du peintre d'origine espagnol. On y apprend que la France n'a pas donné suite à la demande de naturalisation de Picasso, enregistrée le 3 avril 1940, entre autres raisons parce qu'il était considéré comme un anarchiste.

À leur entrée dans Paris en juin 1940, les Allemands ont saisi le dossier secret avec des centaines de milliers d'autres qui ont d'abord été transférés en Allemagne, puis en Tchécoslovaquie. L'Armée rouge s'est emparé à son tour des documents d'archives qui ont été entreposés en Russie pendant plus d'un demi-siècle avant d'être restitués à le France, il y a trois ans. Le dossier Picasso est conservé au troisième sous-sol des archives de la Préfecture de police de Paris où les journalistes de L'Express ont eu l'autorisation de le consulter.

Source

  • Jérôme Dupuis, Alla Chevelkina et Jean-Marie Pontaut, «Le jour où la police a refusé qu'il devienne français – Le dossier Picasso», L'Express, 15 mai 2003.