Traitement médiatique des prisonniers de guerre

À Paris, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) demande aux télévisions françaises de ne pas diffuser les propos des prisonniers de la guerre en Irak ou des informations permettant de les identifier. Cette recommandation survient au lendemain de la requête du Département de la défense enjoignant les médias états-uniens de s'abstenir de publier ou de diffuser des images des prisonniers de guerre ou des extraits d'entrevues qui permettent de les identifier.

Les autorités états-uniennes exhortent également la presse de ne pas utiliser les noms des prisonniers ou l'unité à laquelle ils appartiennent dans leurs reportages tant que leurs familles n'ont pas été informées de leur sort. Les mêmes directives s'appliquent aux soldats tués durant l'opération militaire que mènent les états-Unis et la Grande-Bretagne contre l'Irak.

Les recommandations du CSA et du Département de la défense états-unien s'appuient sur la Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre, une convention internationale adoptée le 12 août 1949 et entrée en vigueur le 21 octobre 1950. Aucune disposition de la convention ne traite directement des droits et obligations des médias. L'article 3 indique cependant que les prisonniers de guerre doivent être «traitées avec humanité» et que «les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et dégradants» sont prohibées [article 3, par. 1c)]. Quant à lui, l'article 14 stipule que les «prisonniers de guerre ont droit en toutes circonstances au respect de leur personne et de leur honneur».

Sources

  • États-Unis, Département de la défense, Coverage of POWs and Deceased (23 mars 2003).
  • Conseil supérieur de l'audiovisuel (Paris), Prisonniers de guerre: respecter la Convention de Genève (24 mars 2003).